Trois châssis. Neuf mètres carrés. Et pas mal de sueur. Voilà dans quelles conditions on a accueilli le TrackTime Series One dans notre pièce simracing. On a reçu ce châssis grâce à Ascher, merci à eux, et on a eu un peu plus d’un mois pour le tester sérieusement. Résultat ? Un châssis en profilé alu qui n’est pas tout à fait comme les autres, avec quelques idées vraiment malines… et quelques zones d’ombre qu’on a eu envie de vous signaler avant de sortir la CB.
Le châssis en profilé Series One
Un bon moyen d’alléger la note, qui avouons-le, en avait besoin !
Caractéristiques techniques

| Construction du châssis | Profilés en aluminium extrudé et structure en acier. |
| Siège | Baquets Track Time, Sparco ou Sabelt en option |
| Dimensions | Emprunte au sol (hors pieds déportés) : 64×122.5cm Au plus large avec les pieds déportés : 86cm Hauteur max (hors support d’écran optionnel) : 81,4cm |
| Dans les cartons | Structure en acier. Profilés en aluminium extrudé. 160x60mm pour la structure basse. 160x60mm pour les montants. 80×40 pour les supports accessoires (option). 80×40 pour les supports de glissières du siège. Boulonnerie et outillage. Pieds ajustables déportés. QR Code pour suivre les instructions de montage. |
| Prix | à partir de 799€ TTC Le modèle qu’on a testé est à 1.741,95€ TTC |
Ce qui rend le TrackTime Series One différent

À première vue, c’est un châssis en profilé alu comme il en existe des dizaines sur le marché. Et puis on regarde de plus près, et on commence à comprendre ce que TrackTime a voulu faire.
La première particularité est visuelle : des panneaux semi-transparents sur les flancs du châssis, avec un kit LED optionnel contrôlable depuis une application smartphone. On peut l’activer, choisir ses couleurs, régler des effets. Sexy pour certains, inutile pour d’autres, on y reviendra.

La seconde, et c’est là que ça devient intéressant : au cœur du châssis se cache une structure en acier. Ce ne sont pas simplement des rails alu vissés ensemble. À l’intérieur, un squelette acier sur lequel viennent se glisser les profilés aluminium. Objectif double : renforcer encore la rigidité de l’ensemble, et créer des passages de câbles internes pour que votre cable management soit propre, discret et bien rangé.
C’est une approche originale. Et dans les faits ? On va voir ce que ça donne.
Contenu de la boîte

Les cartons sont bien fournis. Et je dois dire que la qualité d’emballage est exemplaire. Chaque pièce est soigneusement emballée séparément, nous n’avons eu strictement aucune pièce abimée ou rayée pendant la livraison. On trouve à l’intérieur tout ce qu’il faut pour le montage, pieds déportés inclus. Par contre, n’espérez pas un outillage complet. La notice, elle, est entièrement dématérialisée : un QR code imprimé sur un papier (bien vu, ça évite le problème du QR code sur téléphone à scanner avec… son téléphone), qui renvoie vers la documentation en ligne. Chaque option ajoutée possède sa propre notice. C’est fastidieux en pratique quand on a commandé plusieurs options et qu’on jongle entre cinq onglets sur un petit écran de smartphone… Du PAPIER s’il vous plaît !
Montage : prévoyez du temps… vraiment
Le matériel qui nous a été livré
KW Automotive nous a envoyé un Series One avec quelques options pour correspondre à notre utilisation. En plus du châssis « de base » nous avons reçu :
– 1 baquet Track Time TT07,
– Kit de glissières renforcées,
– Support de base Fontal + Support simple,
– Support intégré pour 1 moniteur,
– Kit LED,
– Kit finition carbone,
– Support de PC.

On se le dit tout de suite : si vous êtes habitués à monter un châssis en profilé alu en deux à quatre heures en solo, préparez-vous à revoir vos estimations avec le Series One.
La raison tient à sa particularité structurelle : les rails en profilé alu se glissent sur le cœur en acier et se fixent à l’aide de… 48 vis par flanc (!). Rien que cette étape occupe une bonne soirée. Au total, entre le montage, les réglages fins et l’installation des options (kit LED inclus), on a cumulé environ 10 heures de travail étalées sur trois jours.

La notice est claire, la logique du châssis se comprend une fois qu’on l’a trouvée, mais il y a incontestablement beaucoup plus de visserie que sur un châssis profilé classique. Il faut être concentré et prendre le temps de bien serrer chaque vis. On recommande deux paires de mains pour certaines étapes.
Un point qui mérite réflexion sur le long terme : une grande partie de ces vis se retrouvent quasi inaccessibles une fois le châssis assemblé. Impossible de faire sa vérification annuelle de serrage facilement. Sauf pour les adeptes du frein filet qui auront l’envie et le temps d’en mettre sur la centaine de vis.
Pose du matériel simracing
Ok maintenant que le châssis est monté, il est temps de passer à la pose du matériel dessus ! Voilà ce qu’on a choisi d’y installer pour le moment :
- Base Simucube 3 Sport (puis Pro)
- Pédalier Asetek Forte (puis Invicta Thorp 1)

Lors de la commande, vous avez le choix entre plusieurs options de support pour votre base/volant. Dans notre cas, on a choisi l’option de montage frontal. Il est SUPER épais, 15mm, et fixé solidement par les flancs à des profilés alu. C’est absolument dingue de rigidité.
Mais selon le matériel que vous avez à la maison, vous pouvez choisir par exemple, le support standard sur lequel la base se visse par en dessous. Celui-ci fait 8mm d’épaisseur, est aussi atttaché par les flancs aux profilés et propose une foule de trous pour la quasi totalité des marques de bases Direct Drive du marché.
Les pièces en acier (jointures et finitions) sont très bien finies, épaisses, solides. Même constat pour le front-mount et le bottom-mount, qui multiplient les points d’accroche pour s’adapter à n’importe quelle configuration de bases DD.
Le câble management
C’est clairement l’une des grandes forces du Series One. La structure acier interne crée un vrai canal de passage de câbles à l’intérieur du châssis. Les couvercles magnétiques viennent ensuite recouvrir proprement les passages. Si vous choisissez la finition carbone plutôt que les panneaux LED, vous gagnez également un espace externe supplémentaire pour y loger vos câbles. Résultat final : une installation nette, propre, avec juste les câbles qui ressortent par le bas. Pour tous ceux qui souffrent d’un spaghetti de fils derrière leur setup, c’est sympa !
Les options : un vrai catalogue
Support d’écran dimensions Vesa

Intégré au châssis, il permet de régler la largeur, l’inclinaison et la profondeur de l’écran, le tout sans outils grâce à de petites molettes manuelles.
Support de PC

Le support de PC est extrêmement rigide, aucun risque qu’il ne bouge d’un poil une fois boulonné en place. Il peut aussi faire office de petite table d’appoint, c’est d’ailleurs comme ça qu’on l’utilise chez nous.
Glissières simples ou renforcées
Deux modèles de glissières sont disponibles, les renforcées peuvent avoir un intérêt si vous avez des vérins mais si ce n’est pas le cas, les standard feront très bien l’affaire.
Siège TrackTime TT07 ou autres sièges
On y était allé en se disant qu’on prendrait le moins cher pour ne pas trop alourdir la note. Et on a été agréablement surpris. Très agréablement même. Après deux ans et demi passés sur un Simlab P1X qu’on trouvait confortable, le TT07 offre un niveau de maintien encore supérieur. Les coussins sont fermes, le bas du dos reste bien soutenu y compris sous pression. Les renforts latéraux maintiennent correctement pour mon gabarit (1m74 / 65 kg). Si vous êtes plus large d’épaules, il faudra peut-être envisager un modèle plus grand. D’autres options sont disponibles : Sabelt ou Sparco pour ceux qui veulent monter en gamme. Et comme c’est du profilé alu, vous pouvez aussi y monter ce que vous voulez venant d’une autre marque.
À noter : le réglage hauteur du siège (position GT ou Formule) doit être définie avant d’installer les flancs latéraux du châssis. Une fois l’assemblage terminé, les vis de réglage de hauteur ne sont plus accessibles. Ce n’est pas forcément gênant car vous aurez toujours les réglages des braquets entre le siège et les glissières, mais c’est un réglage à anticiper.
Support boîtier de vitesses et frein à main
Nous ne l’avons pas testé mais il existe évidemment une option de montage de shifter et frein à main.Une solution : l’installer de l’autre côté pour une conduite à gauche. Ça, c’est une idée qu’on n’avait pas eue spontanément.
Régler la position de pilotage
L’un des très gros intérêt des profilés, c’est qu’on peut tout régler au millimètre près. Les deux positions GT et Formule sont envisageables (avec les sièges correspondants disponibles directement sur le site TrackTime.
Absolument tout est réglable, comme on l’attend sur ce type de modèle. Les supports de base volant sont réglables en hauteur, profondeur, inclinaison… Le siège a une très large amplitude de réglages aussi.
Côté pédalier, il peut être posé à l’aide de 4 rails. Les 2 rails à côté pilote peuvent être avancés ou reculés. Et tout le support de pédalier en lui-même peut être monté, baissé, avancé, reculé et incliné sans restriction.
Mais attention à un point ! Une fois le châssis assemblé avec tout le matériel dessus, les vis de réglage des rails du pédalier deviennent difficiles d’accès. Il faut déplacer tout le bloc pédalier pour y accéder. Ce n’est pas dramatique dans la mesure où on ne change pas de pédalier tous les quatre matins, mais c’est à savoir si vous aimez peaufiner régulièrement votre position de conduite.
Baquet Track Time TT07 : Surprenant !
Un petit baquet pas « trop » cher, on s’était dit que ça ferait l’affaire « sans plus ». Quelle erreur ! Il est super confortable, suffisamment rigide pour encaisser mes freins à 72-74Kg et ses coussins sont épais et durs. Ce qui fait que je n’ai pas mal au dos quand je bourrine pendant 3 heures. Et ça, ça fait plaisir !
La finition est aussi jolie, surtout à ce niveau de prix. Une bonne surprise donc.

Les dimensions du baquet TT07
Je vous partage ses dimensions ici pour que vous puissiez savoir s’il est adapté à votre morphologie :
- Largeur au niveau de la tête : 35cm
- Épaules : 40cm
- Bassin : 33cm
- Genoux : 40cm
- Profondeur de l’assise : 50cm
- Hauteur du dossier depuis l’assise : 84cm
Gardez à l’esprit que le siège est vendu en option et que de toute façon n’importe quel siège baquet pourra s’adapter sur le châssis !
Le kit LED

L’aspect le plus clivant du Series One, sans aucun doute. Les panneaux semi-transparents sur les flancs du châssis sont contrôlés via une application Wi-Fi sur smartphone. Les couleurs, les effets, tout se gère depuis l’app. C’est simple, ça fonctionne bien.
Deux bémols cependant. Premier point : les LED ne sont pas compatibles SimHub. Pas de synchronisation avec les jeux, pas de clignotant qui illumine la pièce quand vous sortez des pits. C’est uniquement esthétique. Deuxième point : si vous optez pour les panneaux LED et que vous utilisez des vérins, les panneaux peuvent vibrer légèrement dans leur logement.
Ceux qui préfèrent quelque chose de plus sobre peuvent opter pour les panneaux finition carbone. Ils sont opaques et masquent également les câbles, ce qui en fait une alternative très valable.
Une rigidité sans faille
Du profilé alu, surtout avec les dimensions du TrackTime Series One, ça ne bouge pas d’un poil. On y a utilisé une base de 15Nm puis de 25Nm et un pédalier Load Cell calibré à 72/74Kg de pression puis un pédalier hydraulique calibré à 78bar, et nous n’avons rencontré aucun souci de flexion ou de vibrations parasites. C’est solide, fiable, lourd, un vrai buffle !
Pourquoi choisir un châssis en profilé alu plutôt qu’un modèle en acier tubulaire ?
Les châssis tubulaires c’est bien beau mais il faut dire les choses comme elles sont, la modularité ce n’est pas leur point fort. L’un des grands attraits d’un châssis en profilé alu, c’est de pourvoir y poser tout et n’importe quoi sans aucune restriction. Que ce soit des supports pour boites à boutons, des freins à mains, boites de vitesse, Dashboards, tensionneur de harnais, système de vérins… Tout est possible sur un modèle en profilés.
En plus de ça, on peut tout régler précisément selon nos envies et besoin physiques. Vous voulez descendre votre base Direct Drive de 2,73cm en l’inclinant de 120° pour correspondre à l’axe de rotation de pluton ? C’est possible ! Pour prendre un exemple concret, Flo fait 1,53m et pour trouver un châssis dans lequel elle peut se positionner correctement c’est un enfer ! Surtout qu’on doit jongler entre nos deux positions de conduite qui sont très différentes puisque je fais un peu plus de 20cm de plus qu’elle. Avec un modèle en tubulaire, nous devions toujours faire des compromis. Avec un profilé on peut chacun avoir précisément la position de pilotage adaptée à notre gabarit.
Enfin, le dernier gros gros point d’intérêt d’un profilé c’est sa rigidité. Là où les tubulaires peuvent avoir des points de flexion aux jointures entre les pièces, un profilé (dimensionné de façon cohérente) ne tordra en aucun cas.
Ce qu’on a pensé du Track Time Series One

Le TrackTime Series One est un châssis en profilé alu qui mérite qu’on s’y attarde. Sa double structure alu/acier lui confère une rigidité exemplaire, son câble management intégré est une réussite, et la qualité générale des pièces inspire confiance. Le siège TT07 d’entrée de gamme nous a également agréablement surpris.
Mais ce châssis a un coût… Et pas seulement financier ! Le montage est nettement plus long et complexe que la moyenne, les visseries cachées soulèvent des questions légitimes sur l’entretien dans la durée, et le tarif en configuration complète le positionne sur un segment très haut de gamme face à des références bien établies comme SimLab par exemple.
Si vous cherchez un châssis original, solide, avec un cable management au top et que vous êtes prêts à investir du temps au montage, le TrackTime Series One est une option sérieuse. On vous donnera un retour sur la durabilité dans 6 à 8 mois.
Le châssis en profilé Series One
Un bon moyen d’alléger la note, qui avouons-le, en avait besoin !
