C’est reparti, comme tous les mois j’ai décidé de me pencher sur le matériel simracing d’un pilote de Formule 1. Et si dans les articles précédents, on a pu découvrir l’amour de certains pilotes pour la course virtuelle, cette fois les choses sont différentes. On va faire le point sur Sebastian Vettel et le Sim Racing. Et surtout tenter de comprendre ce qui se cache derrière son matos incroyable.
Parce que concrètement, on a rarement vu un châssis simracing aussi poussé. C’est d’autant plus étonnant que Vettel n’est pas du tout connu pour son amour de la simulation automobile. Alors vrai amour ou gros coup de communication ?
C’est parti !
On revient rapidement sur Sebastian Vettel en quelque points
Vous ne pouvez pas changer ce qui s’est passé. Mais vous pouvez toujours changer ce qui va se passer.
Sebastian Vettel
Bon, je me doute que vous connaissez tous le personnage, alors je vais être très bref. Sebastian Vettel est née en Allemagne le 3 juillet 1987. Il vit actuellement en Suisse dans le canton de Thurgovie pour être précis.
Le gars a remporté 4 championnats du monde de Formule 1 d’affilé de 2010 à 2013. Il était alors au volant de monoplaces Red Bull. A l’heure ou je rédige cet article il a 53 victoires en Grand Prix à son actif… Bref, Vettel c’est pas un rigolo (même s’il semble avoir un sens de l’humour bien cool hors piste).
Après une saison 2014 vraiment décevante, il passe dans l’écurie Scuderia Ferrari jusqu’en 2020. Mais après 6 ans sans victoires, il se retrouve à signer chez Aston Martin. Une aubaine pour Lawrence Stroll qui a racheté l’écurie (anciennement Racing Point) et y a placé son fils Lance Stroll. L’écurie se retrouve avec un ancien champion du monde qui sera peut être en mesure d’extraire tout le potentiel de sa voiture.
Mais si Aston Martin ne brille pas vraiment par ses succès en Formule 1, il faut bien avouer quelque chose… Lawrence Stroll est un entrepreneur à succès qui sait jouer avec l’outil marketing.
Un début tardif dans le Simracing
« Je suis conscient que certaines personnes prennent ça (le Simracing) très au sérieux et y passent beaucoup de temps, mais j’aime aussi faire d’autres choses.«
« Peut être qu’il vaut mieux faire un tour avec un bus plutôt qu’avec un simulateur avant une course pour se préparer correctement. »
Sebastian Vettel à propos des simulateurs
Mais revenons au sujet du jour, le Simracing. Sebastian Vettel tout comme son collègue Kevin Magnussen, n’est pas connu pour son amour de la discipline. Sa première apparition publique dans l’univers du simracing remonte au mois de mai 2020.
On est alors au début de la crise sanitaire du Covid. Et Vettel participe à une course du Legends Trophy (sur rFactor 2). Il se classe 15ème en qualification et finit la course à la même position. La victoire revient à un certain Juan Pablo Montoya qui arrive juste devant Jenson Button. Oui, y’avait du beau monde !
Malgré ce début remarqué, il possède juste un petit setup sans prétention. Et c’est une autre contrainte, beaucoup plus importante qui va le pousser à passer le cap avec du matériel plus sérieux.
Avec la crise sanitaire et les confinements, l’accès au simulateur de Silverstone s’est avéré compliqué voir impossible. Vettel n’avait pas pu se préparer correctement au grand prix d’Arabie Saoudite. Une raison suffisante pour le pousser à se créer un simulateur personnel.
Sauf que contrairement à Charles Leclerc ou Romain Grosjean qui se sont offerts du matériel simracing de belle qualité mais tout de même accessible au public… Vettel a emprunté un chemin un peu plus… Flamboyant.
Conception du châssis simracing de Sebastian Vettel
La conception du simulateur a démarré dès le mois d’avril 2021. C’est Matt Tomalin, ancien ingénieur de recherche et développement de Force India qui supervise. On peut dire qu’on est dans la démesure. Clairement, Aston Martin Racing a construit pour Vettel un châssis de simracing tous les autres.
Après deux bons mois de discussions et de planification la construction début juillet. Le simulateur est prêt et livré à Sebastian Vettel dès le mois de septembre.
On oublie les setups du genre « écran, volant sur un châssis tubulaire ou en profilés alu ». On passe directement à une coque de Formule 1 Aston Martin 2021. Mais bon sang qu’est-ce qu’ils ont mis là dedans ?
- Un véritable cockpit issu d’une des version de développement de l’AMR21
- Ses harnais de sécurité
- Le siège sur mesure de la monoplace de Vettel en 2021
- Son appuie tête
- Les rétroviseurs
- La visière en dent de scie
- Un système Halo
- Une structure de support conçue sur mesure pour le cockpit, les systèmes informatiques et les 3 écrans massifs.
La plupart des composants du cockpit proviennent directement de l’Aston Martin de 2021. Les ingénieurs sont allés jusqu’à remettre le nom que Vettel avait donné à son AMR21 dans le cockpit « Honey Rider »
Les composants de simulation intégrés
Alors là, c’est un peu plus mystérieux. On ne sait pas grand chose des composants électroniques à l’intérieur du simulateur sim racing de Sebastian Vettel. Mis à part quelques éléments reconnaissables sur les photos de l’engin, c’est le brouillard. Par contre, on a des indices !
On sait par exemple que Pro Sim a aidé au moins au choix et aux réglages de la base à retour de force et du pédalier. L’expertise Pro Sim est venue s’assurer que le simulateur était aussi proche que possible en terme de ressenti que la véritable Formule 1.
La marque Pro Sim a pour habitude de créer des simulateurs très poussés. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Pro Sim est impliqué dans la création d’un simulateur typé Formula. Et à chaque fois ils avaient fourni leurs propres bases et pédaliers. Niveau roue de volant, c’est plus simple puisqu’il s’agit d’une Precision Sim Engineering.
Pour faire vibrer le pilote au son du V6 sur-vitaminé de sa Formule 1, il faut envoyer du gros son. Le châssis est équipé d’un système de haut parleurs Logitech Z906 avec son surround 5.1. Ah, et comme ils avaient peur de manquer, 1.000 Watts de crête ça leur a semblé être une bonne idée. Et puis comme 2 écrans c’était un peu juste, un troisième a été ajouté en course route. Après tout, on est pas à ça près.
Avec du matos pareil, Vettel a de quoi prendre pas mal de plaisir à la maison ! Et accessoirement s’éviter quelques trajets au simulateur de Silverstone.
Vous voulez vous rapprocher du setup de Sim Racing de Sebastian Vettel ?
Miracle ! vous avez quelques milliers (enfin dizaines de milliers) d’euros en trop sur votre compte ! Génial, voilà une liste de course qui va vous rapprocher un peu du matériel simracing de Vettel :
- Châssis simracing typé Formula : Pro Sim Formula cockpit (51.361,98€ TTC bien sur…)
- Base Direct Drive : Pro Sim Simsteering 2 FFB System 26NM (4171€ TTC)
- Roue de volant : Precision GPX Steering Wheel (3030€ TTC)
- Système surround 5.1 : Logitech Z906 (360€TTC)
- Triple écran et ordinateur : Là je vous laisse faire vos pronostiques, je n’ai pas trouvé d’équivalent à ce qu’on voit sur les photos. Si vous trouvez n’hésitez pas à le dire en commentaires !
Hors écrans et ordinateur on s’en tire donc pour un peu moins de 60.000€. C’est presque abordable non ? A peine le prix d’une Aston Martin DB9 d’occasion, vous n’allez quand même pas vous priver 😉
Quand Sebastian Vettel s’est pris une mine par un jeune talent de eSport.
Le 5 février 2022 dans la coupe des nations, le pilote allemand a du s’incliné face à un pilote issu du ESport Lucas Blackley. Le jeune simracer sur piste réelle l’a devancé de 0,080 secondes. Vettel était associé à Mick Schumacher mais aucun des deux pilotes n’a été en mesure de battre Blackley.
L’équipe d’Allemagne n’a donc pas été en mesure d’égaler ses précédentes performance dans la Coupe des Nations. Vettel et Michael Schumacher avaient gagné chaque année entre 2007 et 2012. Et Vettel avait conquis une nouvelle victoire aux côtés de Pascal Wehrlein en 2017.
Le bilan sur Sebastian Vettel et le Sim Racing
Depuis 2020, Vettel est beaucoup plus ouvert sur le simracing. Mais comme il le dit lui même il n’a pas l’envie ni l’intention de s’investir plus que ça dans les compétitions virtuelles. Il n’a d’ailleurs jamais caché qu’il n’était pas fan du monde virtuel et des réseaux sociaux.
« Je pense que c’est plus quelque chose à essayer pour le plaisir. J’ai grandi avec ça et j’ai joué à certains jeux, mais pour être honnête, depuis mon enfance, ce n’est pas la première chose sur ma liste de choses à faire »
Vettel à propos du Simracing
D’ailleurs, je dois vous avouer que je me pose une question à laquelle de toute façon nous n’aurons jamais la réponse. Est-ce que ce châssis dingue pour Vettel, ça ne serait pas juste un gros coup de communication ? On a vu d’autres pilotes changer d’avis sur le simracing. Magnussen par exemple qui aujourd’hui est partenaire de la marque Asetek. Mais Vettel ne semble pas du tout prendre ce chemin.
Je sais, on ne pourra jamais vraiment le savoir. Quoi qu’il en soit, c’est un sacré cockpit qui a été créé pour le quadruple champion du monde !
N’hésitez pas à venir en commentaires pour qu’on en parle ensemble. Est-ce que vous pensez que Vettel utilise vraiment ce châssis à la maison régulièrement ? Ou alors Le père Stroll nous a pondu un coup marketing de l’espace ? A tout de suite 🙂